• L'IFRES donne une Conférence au Chateau (hanté) de Fougeret

    Conférence et exposition des travaux de l'IFRES

    au Chateau de Fougeret les 14 et 15 septembre 2013

     

     

     

    Dans l’opinion publique les phénomènes de hantise sont majoritairement rangés dans les fantasmes humains ou encore,  le signe du mal qui aurait raison des âmes de ceux qui sont assez téméraires pour les affronter. On ne pourrait y concevoir qu’un tel endroit puisse être captivant, séduisant et attachant. Pourtant de tels lieux existent, ce qui peut expliquer que certaines personnes, vivant ce genre de phénomène au quotidien,  n’envisagent nullement de déménager.

    C’est le cas pour le célèbre château de Fougeret. Une magnifique bâtisse témoignant, de par son architecture, des âges qui se sont succédés, élaborant ainsi des couches constructives différentes mais harmonieuses. Un château à la découpe enchanteresse, une sentinelle gardant en sa mémoire la trace vivante de ceux qui y habitèrent.

    Ce weekend du 14 et 15 septembre 2013, toute l’équipe de l’IFRES se rendait en ce lieu pour y présenter ces travaux, et ce, dans le cadre des journées du patrimoine. Un clin d’œil non dénué d’intérêt sur ce qui peut faire partie du patrimoine. En effet, nous nous sommes rendu compte que la spiritualité était aussi un patrimoine humain…

    C’est Véronique et François Geffroy qui nous accueillir le vendredi soir dans la nuit, obligés de venir à notre rencontre. Nous étions perdus, dans une impasse ceinturée de vieux murs au milieu d’un bois profond. Il fallait en fait ouvrir une vieille grille qui donnait sur la cour d’une ferme en ruine. Véronique montait dans une des deux voitures  et nous guidait sur le petit chemin de terre et de cailloux. La nuit était noire, nous ne pouvions mesurer, à l’approche du château, la magnificence de l’endroit. La voiture garée sous un chêne, nous pouvions descendre et enfin pénétré dans le château.

    Les présentations qui se faisaient alors, ne pouvaient détourner notre attention, du décor que nous découvrions. L’harmonie qui s’en dégageait faisait oublier les lézardes et autres avaries du temps. Le château était vieux et la force des éléments l’avait quelque peu affaiblie. Mais ces détails n’étaient pas plus important que le ravissement qui nous envahissait. Une large entrée, ornée de bois sombre et d’enluminures dorées, désservait deux grands salons de part et d’autre. Les hauts plafonds aux poutres apparentes étaient entièrement décorés de peintures et dorures. L’ameublement, les lourdes chaises, les chandeliers donnaient à l’ensemble une sensation ineffable.

    Il était pourtant très tard, nous étions fatigués de notre voyage, mais le désir de visiter la demeure nous ne quittait plus. Véronique et François se proposèrent de nous faire le tour du propriétaire. Nous les suivions, attentifs, observateurs, écoutions avec intérêt le témoignage de ce couple tombé littéralement sous le charme de l’endroit. Et nous les comprenions, car nous aussi nous sentions épris par celui-ci.

    L’immense escalier en colimaçon, découpé dans une pierre blanche, agrémenté d’un noyau sculpté nous conduisait vers le bas, dans les caves du château. Véronique nous mettait en garde, les marches étaient glissantes et quelques personnes avaient déjà était poussées en cet endroit par des esprits peu hospitaliers…

    L’expérimentation des phénomènes dits paranormaux est notre crédo, nous n’avions pas peur, mais tout de même restions sur nos gardes. Pas question de « rater » quelque chose, alors submergé par l’émotion. C’est dans cet état d’esprit que nous avons visité tout le château. Un vrai émerveillement. Les chambres du deuxième étage étaient toutes aménagées, avec un gout certain, répondant même à certaines exigences émises par les esprits eux-mêmes, grâce à l’entremise de plusieurs médiums. La chambre de la grand-mère et en face celle d’Alice, puis un long couloir ou virevoltait une chauve-souris, au bout duquel se trouvait celle du huissier…enfin, le décor était planté, nous étions à Fougeret, dans un des endroits réputé le plus hanté de France et nous nous apprêtions à y passer la nuit…

    Il fallait alors choisir nos chambres. Grand moment de courage, où piétinant dans le grand couloir, nous passions la tête dans l’entremise des portes, cherchant la pièce la plus hospitalière. Nous étions partagés entre la fatigue et une certaine appréhension. La chauve souris qui inlassablement nous passait au dessus de la tête, ajoutait à l’imagerie collective de ce que pouvait être un château hanté. Laetitia évoquait l’idée de dormir tous dans la même pièce. Christelle, téméraire, préférait quand à elle, dormir moins serrée dans une autre chambre. Bruno avait déjà choisi la sienne, celle du Chevalier…

    La réaction de Christelle qui suit, rendit l’atmosphère électrique: « Y a quelqu’un dans ma chambre ! » dit elle en parlant fort tout en marchant vite dans le couloir. Tous alertés nous nous rendions à sa rencontre. Christelle ne perdit pas pour autant sa bonne humeur et son sourire restait visé sur son visage, mais elle était formelle, elle avait vue une ombre. A l’avis de tous, Bruno, acceptait de dormir dans la même chambre que Christelle, dans l’autre lit.

    La distribution était ainsi faite, la nuit réparatrice pouvait alors commencer… C’était bien sûr sans compter quelques petits désagréments…

    Dans la chambre où se trouvait Laurie, Joël, Antony et Laetitia, s’invita une chauve souris, certainement entrée par un trou à même le mur. Joël ouvrit la porte et elle s’enfuyait. Puis se fut le tour d’un énorme frelon tournoyant sur la fenêtre. Pas de fantômes, mais difficile de dormir avec tout cela. Le sommeil finissait par nous emporter, chacun dans un lit emprunté à nos hôtes invisibles.

    Le petit matin arriva très vite, la nuit fut bien courte. Chacun avait eu son lot de sensations bizarres, de rêves étranges, mais surtout le souvenir très net d’avoir entendu des pas et des chuchotements. Rien de plus normal, nous étions à Fougeret…Après l’épisode de la toilette, moment cocasse dans une grande salle d’eau aménagée au premier étage, nous nous organisions pour les évènements de la journée. Véronique Geffroy avait depuis deux jours déjà installé l’exposition des images de nos travaux. Elle se tenait dans les deux grands salons. Nous n’avions plus qu’à installer notre vente de livres et tester le vidéoprojecteur pour la conférence du soir. C’est à ce moment là que Brahim et Gérard arrivaient à leur tour au Château.
    Avant le début du programme, nous avions la joie de retrouver Sébastien, sa sœur, Bruno P, Marie-Jo et Michel son mari, venus aussi participer à l’aventure.

    Quatorze heures. Les premières personnes venues visiter le château pour les journées du patrimoine arrivaient. Au fil des heures les visites se multiplièrent, une foule considérable de personnes pénétrèrent dans le château. Les membres de l’association « Fougeret le château EncHanté » faisaient partir les visites, racontant les péripéties du domaine et ses phénomènes de hantise. Au-delà du patrimoine, les visiteurs voulaient connaître ce lieu mystérieux. C’est d’ailleurs dans l’une des visites que Joël vue du coin de l’œil, une silhouette se précipiter dans l’une des chambres…

    La journée filait et le moment de la conférence de l’IFRES arrivait. C’est dans une salle comble que Joël expliquait la manière dont nous recevions ces images. L’auditoire était attentif et les questions fusaient. La soirée se terminait par une séance médiumnique avec la médium Nadège Morin.
    Au final, se fut une journée réussie, intense soit, mais de bon augure.

    Puis le château finissait par retrouver son calme, les chouettes hulottes perçaient le silence du bois par leurs cris lugubres et le moment de la deuxième nuit arrivait…
    Avant de rejoindre les chambres, nous restions un moment devant l’immense cheminé du salon, plongés dans une douce scrutation, partageant nos émotions.Pour Brahim et Gérard c’était une première. La nuit présageait pour eux une nouvelle expérience. Pour les autres c’était la répétition d’un moment très singulier. Laetitia, apparemment très affecté par le lieu, manifestant aussi un mal de reins, décidait de partir dormir à l’hôtel. Antony, l’accompagnait.
    D’un pas décidé nous repartions dans les chambres. Christelle rejoignait Laurie et Joël dans la chambre de la grand-mère. Bruno se coucha seul dans la chambre du Chevalier, Brahim et Gérard dans celle de l’huissier.
    La fatigue était-elle, que beaucoup d’entre nous s’endormaient sans encombre. Les plus affectés cette nuit là furent Bruno et Laurie. Cette dernière eu le sommeil léger, ressentant glisser autour du lit une présence. Des bruits de tissus frottés et la sensation désagréable que l’on tentait de la regarder de très prêt en lui éclairant le visage d’une lampe ou d’une bougie. Bruno, quant à lui, entendît des chuchotements et des bruits, persuadé qu’il s’agissait des personnes de l’association restées à dormir au premier étage sur de simples matelas. Mais après questionnement le lendemain matin, il s’avérait que ces chuchotements ne pouvaient provenir du premier étage. Le plus troublant étaient les pas prononcés que tous entendions au petit matin. Des pas dans le couloir à notre étage, tout proche de notre porte de chambre. Des pas soudains et sans continuité, qui s’arrêtaient spontanément sans que l’on puisse entendre leur éloignements…

    Quoi qu’il en soit, un nouveau jour était arrivé, le dernier de cette aventure peu commune. C’est autour d’un petit déjeuner que tous nous nous retrouvions, relatant nos expériences personnelles. Bruno P, Sébastien et sa sœur étaient revenu au château pour conclure ce week-end.
    Pendant que Joël répondait aux questions d’une radio Suisse, Sébastien, sa sœur, Leatitia et Antony se plongeaient dans l’ambiance du château, espérant entendre et voir leurs occupants invisibles. Ils lancèrent des enregistrements vidéo et audio.

    Le début de l’après midi était arrivé, il fallait repartir. Il fallait quitter cet endroit attachant pour retrouver nos habitudes et d’autres responsabilités. Difficile d’exprimer ce que nous ressentions à ce moment là. Des embrassades au seuil du Château, des photographies souvenirs, des accolades fraternelles, des scènes émouvantes qui n’ont rien à voir avec les cris d’effrois que l’on peut entendre dans les films d’épouvantes.
    Pourtant l’histoire du château n’est pas toute rose. Il y eu beaucoup de malheurs à l’intérieur. Des morts violentes, des désespoirs, des crimes mêmes, qui depuis des générations charge les murs de tant d’énergies pesantes. Mais l’abrutissement dans le mal n’existe pas dans l’univers, et les âmes qui hantent ce lieu finiront pas s’élever.

    Nous sommes entrés dans cette demeure avec un profond respect, et nous y sommes repartis avec une certaine nostalgie. Le Château de Fougeret est sans l’ombre d’un doute hanté, mais il est tout autant enchanteur, et laisse dans l’esprit des visiteurs une étrange envie d’y revenir et d’y dormir encore…

    Merci à Véronique et François pour leur chaleureux accueil, merci à tout les membres de l’association: “Fougeret le chateau encHanté” pour leur gentillesse, merci encore à tout les membres de l’IFRES qui ont fait le déplacement. Remerciement aussi à toutes les personnes qui ont visité le château et qui ont aimé l’exposition. Merci aux esprits pour leur présence et leur tolérance.

    (Nous aurons aussi une pensée pour notre ami Jean-Luc qui ne pouvait-être avec nous.)

    Beaucoup d'autres photos mais uniquement sur facebook.

    « Entretien de Christine André (médium) par JC CartonL'association Apprivoiser l'Absence (parents en deuil) »
    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    Tags Tags : , ,